Affiche officielle 1952

 

– Billet entrée.

 

Brassard Commissaire sportif

 

Règlement Additif

Règlement Racers 500

L’Histoire du Circuit International de Vitesse (publiée en 2000)

 

 

Liste des engagés

1 - Liste des engagés Racers 500

 

23 pilotes sont engagés représentant 6 nationalités : 3 anglais, 2 belges, 1 luxembourgeois, 1 allemand, 1 italien et 15 français. Les droits d’engagements sont fixés à 5000 francs. Essais chronométrés le dimanche matin (les 5 plus mauvais temps sont éliminés) ; 2 séries éliminatoires et finale l’après-midi sur 20 tours pour 9 concurrents.

Comme pour les motos, les organisateurs ont été obligés de limiter les inscriptions. Seul regret : l’absence de pilotes transalpins, très appréciés par le public dracénois. Or, quelques jours avant l’épreuve, René JOURDAN reçoit un télégramme annonçant la venue du pilote italien Giovanni BELLOCHIO de l’Ecurie Quinto. L’information est immédiatement transmise à la presse. Un forfait, celui de l’américain BUIJTENDIJK de l’Ecurie Internationale, accidenté le dimanche précédent lors du Circuit International de Bruxelles, réservé aux racers 500. Il est remplacé par son compagnon d’écurie le belge VAN HAW.

Les anglais partent de nouveaux favoris, notamment Alan RIPPON et John COOMBS sur Cooper Norton. Dès le vendredi l’équipe anglaise au complet reconnaît le circuit à bord d’une jaguar de tourisme. Les espoirs français de victoire reposent sur Elie BAYOL, François ANTONELLI, Paul AUDIBERT tous trois sur DB, et André LOENS qui pilote une Kieft de l’écurie britannique Bournemouth Car Club.

 

Alan Rippon (Cooper-Norton) Photo Maurice Louche

 

Viennent ensuite les outsiders : l’anglais Arthur GILL (Makson), les belges Raymond VAN HAUW (Cooper Jap) et André HANLET (ECI 2), le Luxembourgeois Robert KAHN (ECI 3), l’italien Giovanni BELLOCHIO de l’écurie Quinto et enfin l’allemand Adolf LANG sur Cooper. Les artisans constructeurs, comme l’année précédente, complètent le plateau : Henri JULIEN (Julien BMW), Roger GAILLARD (Gaillard Jap), Marceau MOREAU (Moreau BMW), Roger HILLIER (HPN Norton), Fernand PRADEAU (APL Kochlera), Marcel PIVETEAU (GDC Norton Manx), Alfred KURTZ (Kurtz Jap) et Henri ANGELETTI sur Riangel NSU.

Ces pilotes « amateurs » ne viennent pas faire de la figuration : le régional Henri JULIEN a couru sur tous les circuits de l’hexagone, en Italie, en Espagne, au Portugal ; Roger GAILLARD, l’électricien de Gien dans la Loire a gagné en 1951 la « Coupe d’Or » des indépendants à Monthléry et Marcel PIVETEAU s’est imposé cette année dans cette même épreuve. Pour d’autres par contre c’est le baptême du feu. Comme pour Marceau MOREAU qui effectue à Draguignan sa première course sur un racer de sa conception, équipé d’un moteur BMW R51, monté sur une boite de vitesses de 2 cv au couple modifié. L’anxiété de la première course, mêlée à l’émerveillement  de voir tant de monde et des ennuis d’embrayage dû au manque de mise au point de sa voiture, lui valent de passer une nuit blanche.

Lors des essais libres, l’italien BELLOCHIO est en tête à queue dans tous les virages du circuit sans raison apparente. Après vérification à son stand, il se rend compte que son mécano a sur-gonflé les 4 pneus. Elie BAYOL, l’un des favoris de l’épreuve après sa récente performance au Grand Prix de Marseille qui lui valut l’éloge unanime de la presse sportive est confiant : « Mon DB est bien au point et il sera difficile à battre sur ce circuit. Battre les anglais ? Pourquoi pas ! En tout cas soyez certain que je ferais tout pour gagner ».

Marcel Piveteau (GDC Norton Manx) – Photo Maurice Louche

Le dimanche 18 mai les spectateurs affluent (8000 entrées payantes pour une population d’environ 10 000 habitants). Les voitures stationnent jusqu’aux abords du Pont de Lorgues. Dès le samedi soir  les hôtels refusent des chambres et le dimanche midi les restaurants affichent complets. Nombre de personnalités du monde automobile se sont donné rendez-vous au quartier des coureurs : Pierre PAGNIBON, Jean ORSETTI, DUMAS, ARNAUD, de REGIBUS, CHALANSONNET (concessionnaire Peugeot).

Dans la tribune officielle ont pris place un fort pourcentage des grands électeurs qui ont participé le matin aux élections sénatoriales et qui ont décidé de rester à Draguignan pour suivre les épreuves.

Le Directeur de course Gaston PALLY est assisté de 3 commissaires sportifs : Messieurs FUMEY, Gaston GIRAUD et René JOURDAN. Le circuit est ouvert par deux versions de la très moderne « Ariette » Rosengart du Grand Garage du Cap Brun.

 

1e éliminatoire ( 15 tours ) :

Très confiant le samedi soir, Elie BAYOL se rend compte le dimanche matin lors des essais chronométrés que son DB est bien moins puissant que les Cooper et Kieft. Handicapé par un mauvais rhume, il prend néanmoins le départ avec la ferme intention de lutter aux limites de sa machine. Pendant les 15 tours de la série il talonne André LOENS (Kieft Norton) et ne s’incline pour la première place que de 9 secondes. L’anglais GILL (Makson) abandonne suite à un tête à queue. RUDIN (Cooper) tombe en panne alors qu’il pointait en 3e position. AUDIBERT enfin, touche une botte de paille, casse un piston, mais peut terminer l’épreuve et réparer à temps pour disputer la finale.

1e  André  LOENS                      Kieft Norton                    19’20

2e  Elie  BAYOL                         DB Panhard                      19’29

3e  Adolf  LANG                        Cooper

4e  Marcel  PIVETEAU             GDC Norton Manx

5e  Paul  AUDIBERT                 DB Panhard

6e  BEC  Adrien                        Giléra

7e  ANGELETTI  Henri            Riangel NSU

 

Photo Collection Marcel Garcin

 

2e éliminatoire ( 15 tours) :

Le départ est donné sous une pluie battante. ANTONELLI fait une course magnifique malgré les conditions atmosphériques. Il passe la ligne d’arrivée avec 3 petites secondes seulement de retard sur l’anglais COOMBS (Cooper), vainqueur de cette série.      Dès le premier virage, Roger GAILLARD (Gaillard Jap) perd le contrôle de son racer et abandonne. Quelques tours plus tard c’est au tour d’Henri JULIEN (Julien BMW) de connaître la même mésaventure dans ce même virage. Idem pour Marceau MOREAU (Moreau BMW) qui fait un tête à queue, mais peut repartir sur « poussette » des commissaires.

1e  John  COOMBS                    Cooper Norton               21’46

2e  Francis  ANTONELLI           DB Panhard                    21’49

3e  Giovanni  BELLOCHIO        Cooper                             22’37

4e  Alan  RIPPON                      Cooper Norton                23’01

Meilleurs tours : Giovanni  BELLOCHIO et John COOMBS (Cooper)  1’22  Moyenne : 79,558 Km/h.

 

Sont qualifiés :  les anglais COOMBS et RIPPON (Cooper Norton), l’italien BELLOCHIO (Cooper), l’allemand LANG (Cooper) et les français PIVETEAU (GDC Norton Manx), LOENS (Kieft Norton), BAYOL, ANTONELLI, et AUDIBERT (Panhard DB).

 

Elie Bayol (DB Panhard) – Photo Maurice Louche

 

Finale  (20 tours) :

La pluie a cessé de tomber, mais la chaussée reste glissante.

Dès le départ BELLOCHIO prend la tête et compte 300 m d’avance à l’issue du 1e tour, sur un peloton composé de LOENS, BAYOL, ANTONELLI et RIPPON.

BELLOCHIO domine la course jusqu’au 6e tour où il manque le virage de la route de Lorgues. LOENS en profite pour prendre la 1e place. BELLOCHIO repart de nouveau à l’attaque, mais prenant trop de risques il fait un nouveau tête à queue, qui l’oblige à s’arrêter à son stand au 14e tour.

BAYOL passe alors en seconde position derrière LOENS, loin devant. ANTONELLI longtemps derrière son coéquipier est trahi au 12e tour par sa boite de vitesse (plus de 3e rapport). Dès lors il se laisse grignoter par les anglais RIPPON et COOMBS qui le passe au 16e tour.

L’allemand LANG abandonne sur sortie de route au virage de la Préfecture. COOMBS réussi à prendre le meilleur sur RIPPON et s’empare de la 3e place. BELLOCHIO grand malchanceux de cette finale est contraint à l’abandon dans le dernier tour, sur ennuis mécaniques.

Le français André LOENS sur Kieft remporte la victoire devant Elie BAYOL (DB). Les français tiennent leur revanche sur les pilotes anglais, même si le racer Kieft est une monoplace anglaise créée par l’ingénieur Ray MARTIN, animée par un moteur Norton Manx fonctionnant au Méthanol.

La Marseillaise résonne dans les rues de Draguignan en l’honneur du chti André LOENS, qui gagne les 175 000 francs de prix alloués au vainqueur de l’épreuve.

 

Classement général (20 tours) :

1e  André  LOENS  (F)             Kieft Norton        26’30     Moyenne 82,096 Km/h

2e  Elie  BAYOL  (F)                  DB Panhard         26’51

3e  John  COOMBS  (GB)        Cooper Norton    27’24

4e  Alan  RIPPON  (GB)           Cooper Norton    27’37

5e  Francis  ANTONELLI  (F)  DB Panhard         à   1 tour

6e  Paul  AUDIBERT  (F)          DB Panhard              «

7e  Marcel PIVETEAU  (F)       ADC                     à   4 tours

Dernier coup de théâtre, John COOMBS est pénalisé d’une minute pour avoir involontairement anticipé le départ, ce qui a pour conséquence de lui faire perdre sa 3e place au profit de son compatriote Alan RIPPON.

 

Classement général modifié :

1e  André  LOENS  (F)             Kieft Norton       26’30

2e  Elie  BAYOL  (F)                  DB Panhard        26’51

3e  Alan  RIPPON  (GB)           Cooper Norton   27’37

Meilleurs tours : André LOENS (Kieft) et Giovanni BELLOCHIO  1’17’’  Moyenne : 84,724 Km/h.

André Loens (Kieft-Norton) – Photo Maurice Louche

 

 

 

 

 

 

 

Grand Prix Motos 175 cm3

Liste des engagés

1 - Liste des engagés motos 175 cm3

 

Les meilleurs pilotes régionaux et nationaux de la spécialité sont présents : l’avignonais SCHAAD (Magnat Debon), Champion de Provence 1951, vainqueur la semaine précédente du Circuit de Vitesse de Valence ; Ernest GACHE, un des deux pilotes officiels M.V Agusta en France, Champion de Provence 1949 ; le cannois PERRAUD (Motoconfort) 1e de la Coupe Vaquez au Grand Prix de Marseille le 27/04 et MORISS Champion de Provence 125 cm3. Sans oublier les TRIAC, AUDEMARD ou autre BRUNO.

SCHAAD et GACHE confirment leur position de favoris en remportant leur série éliminatoire.

1e éliminatoire ( 10 tours ) :

1e  SHAAD  (Magnat Debon Nougier)  Inter      14’50     Moyenne 73,249 Km/h)

2e  BRUNO  ( Alpino)                                              15’22

3e  MINO  ( Alpino)

4e  SABATINI  (Puch)

5e  DALMASSO

6e  BENEDETTO                                                    à 1 tour

7e  JACQUY  (Villiers Spécial)                             à 2 tours

8e  MATTEI  (MV Agusta)                                    à 3 tours

 

2e éliminatoire (10 tours) :

1e  GACHE  (M.V Agusta)  Inter                        15’22     Moyenne 70,785 Km/h

2e  BERTRAND  (Puch)                                      15’30

3e  FRANCARLI  (Puch)

4e  PERRAUD  (Motoconfort)

5e  PERRANO  (Moretti)

6e  MORISS  (Jonghi)

7e  PASTERGUE  (Terrot)                                  à 1 tour

8e  TRIAC  (Magnat Debon)                             à 3 tours

 

Ernest Gache (MV Agusta)

En finale SCHAAD est imbattable sur sa Magnat Debon préparée par Nougier. Seul PERRAUT parvient à le suivre. La pluie qui fait son apparition durant la course oblige Ernest GACHE à lever le pied en raison d’un pneu arrière (Pirelli usine dur) défaillant sur la chaussée humide.

BRUNO en bataille avec GACHE pour la 3e place fait une glissade dans le virage de la Préfecture. Il peut néanmoins repartir et finir 4e au général.  BERTRAND chute lui aussi dans le virage de la Préfecture, mais a moins de chance. Il casse la moitié de son guidon, tente de continuer, mais il est arrêté par le Directeur de course pour raisons de sécurité.

Finale  (20 tours) :

1e  SHAAD  (Magnat Debon Nougier)  Inter 30’04  Moyenne : 72,357 Km/h

2e  PERRAUT  (Motoconfort)                           30’47

3e   GACHE  (M.V  Agusta)  Inter                     30’49

4e  BRUNO (Alpino)

5e  FRANCARLI  (Puch)                                    à 1 tour

6e  MINO  (Alpino)                                             à 2 tours

7e  SABATINI  (Puch)                                        à 10 tours

Meilleur tour : Ernest GACHE (M.V Agusta)  1’22’’  Moyenne : 79,558 Km/h

Shaad (Magnat Debon Nougier)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Grand Prix Motos 350 à 500 cm3

Liste des engagés

3 - Liste des engagés motos 350-500 cm3

 

Epreuve destinée aux coureurs internationaux. Parmi les engagés figurent LUENBERGER (AJS 350) Champion national Suisse 1950 et 1952, vainqueur des Circuits de Bâle, Olten et Schaffouse ; l’italien GUGLIELMINETTI (Gilèra) Champion de Lombardie, sélectionné aux Championnats du Monde ; COLLOT (Norton) 1e au Championnat de France 1952 ; INSERMINI (Norton) vainqueur du Circuit International d’Orléans en mai et l’anglais FITTON (Vélocette) Champion d’Irlande.

Le dracénois Francis FOMBELLE participe à l’épreuve au guidon d’une AJS 350 prêtée par COLLOT. De passage dans les locaux de l’Agence du Méridional Francis FOMBELLE fait de COLLOT son favori pour la course : « Ce n’est pas si sur que cela  lui répond le Champion de France. Le suisse LEUENBERGER et l’italien GUGLIELMINETTI seront des adversaires difficiles à battre. Tu peux me croire, ce ne sera pas une promenade. Il va y avoir une drôle de bagarre ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les essais du dimanche matin confirment ses propos. En finale, le duel COLLOT / GUGLIELMINETTI a bien lieu, mais tourne court. COLLOT en tête depuis le départ, talonné par l’italien, abandonne au 5e tour sur panne mécanique (magnéto noyée).

Dès lors on assiste à un véritable festival de GUGLIELMINETTI qui prend 1 tour d’avance sur ses poursuivants immédiats : le français PLANQUE et l’anglais FITTON en bagarre pour la seconde place.

Le dracénois Francis FOMBELLE termine 8e à 4 tours du vainqueur.

Finale  (25 tours) :

1e  GUGLIELMINETTI  Inter (I)  Gilèra      36’18’’  Moyenne : 74,915 Km/h

2e  PLANQUE (F)  Norton                            à  1 tour

3e  FITTON  (GB)  Vélocette                            «

4e  LEUENBERGER  (CH)  AJS 350           à  2 tours

5e  BAYLE  (F)  Norton                                    «

6e  SOUBIE  (F)  Vincent                                  «

7e  RAMADE  (F)  Vincent                           à  3 tours

8e  FOMBELLE  (F)  AJS 350                      à  4 tours

9e  HOFSTETTER  (F)  Norton                        «

10e  PERRAUD  (F)  Guzzi                             à  5 tours

Meilleurs tours : GUGLIELMINETTI (Gilèra) et COLLOT (Norton)  1’21’’  Moyenne : 80,540 Km/h

 

Guglielminetti (Gilera) – Photo Le Méridional

 

Départ course motos

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La deuxième édition du Circuit International de Vitesse a lieu les 17 et 18 mai 1952. Les motos font leur retour au détriment des voitures de tourismes qui disparaissent du meeting.
Vu le nombre de demandes d’inscription, tant en motos qu’en racers 500, le Comité d’organisation doit limiter le nombre d’engagements.
Le prix d’entrée est fixé à 1000 Francs pour la Tribune A
                                                  800 Francs pour la Tribune B
                                                  300 Francs pour les enceintes populaires.
Le service d’ordre est assuré une nouvelle fois par la compagnie de CRS de Nice aidée par la police locale. Les CRS sont à pied d’œuvre du samedi au lundi matin et logent au cœur même du circuit, dans un campement installé sur les Allées  d’Azémar.

 

En catégorie motos, Marcel GARCIN fait office de Directeur de course assisté de Louis RENOUX.

 Commissaires sportifs :

Francis FOMBELLE

Georges FRANCOIS

Nöel PELISSIER

Jean DUPUY

LAFUTAYE

 

Commissaires de route :

François TRIC – Maurice LAMBERT – Fortuné LEON

Edmond CHAUVIN – GERTOSIO – AGNELLO

 

Le parc fermé est installé sur les Allées d’Azémar, mais les vérifications techniques ont lieu le vendredi à partir de 9 h 00 sur le Champ de Mars, à proximité de l’octroi, devant une foule dense qui malgré la chaleur suit avec attention les opérations.

Les véhicules doivent répondre aux dispositions de sécurité suivantes : un essai de freinage par 5 arrêts successifs à partir d’une vitesse au moins égale à 90 km/h, les freins devant présenter ni déréglage, ni échauffement anormal et le véhicule rester stable sur sa trajectoire. Les vérifications portent également sur l’efficacité du frein à main obligatoire, la tenue de route et la maniabilité.

Une fois ces formalités accomplies, une équipe peint les numéros de course sur la carrosserie. A l’époque les véhicules devaient être peints aux couleurs nationales du concurrent, conformément aux prescriptions de l’annexe 1 du Code Sportif de la F.I.A : bleue pour les français, verte pour les anglais, rouge pour les italiens….. Or, pour une raison que l’on ignore, les 3 Cooper des anglais BROWN, BRANDON et ROWLAND, arrivent à Draguignan couleur argent ! Branle-bas de combat au garage FORD, situé Avenue Carnot, où l’Equipe britannique s’est installée durant son séjour dracénois. Il faut repeindre en vitesse les voitures, mais on ne dispose pas de la bonne couleur. On fait donc avec les moyens du bord : le garage FORD étant également concessionnaire Vespa les Cooper sont peintes dans un vert Vespa, sans aucun rapport avec le vert anglais traditionnel !

L’anglais MOORE connaît pour sa part des problèmes de chaîne de transmission sur son racer AJS. Par chance il existe sur Draguignan un spécialiste en motos anglaises qui dispose des pièces adéquates, Georges FRANCOIS, qui effectue la réparation dans son petit atelier du Boulevard Clemenceau.

25 concurrents sont engagés, représentants 7 nationalités différentes : 4 anglais, 1 allemand, 3 italiens, 14 français 1 belge, 1 américain et 1 grec MYLODANIS. Le Circuit International justifie pleinement son appellation ! C’est la plus importante manifestation de racers 500 du Sud-Est.

Les grands favoris sont les anglais Eric BRANDON et Alan BROWN (Cooper Norton), 1e et 2e du Championnat anglais, de l’Ecurie Richmond, véritable équipe professionnelle disposant de moyens digne d’une écurie d’usine. Parmi les outsiders on trouve les français François ANTONELLI (Panhard DB), Pierre PAGNIBON (Cooper Jap) et l’américain Harry SCHELL (Cooper Jap).

Les italiens, dont le réputé PAGANI, pilotent des Giléra Volpini, les français essentiellement des Cooper et des Panhard DB et le belge DEMESSE une VOA-BMW.

Seul l’allemand BUDDE au volant d’une Condor est forfait.

Les artisans constructeurs sont représentés par ALONSO (AGS), Fernand PRADEAU (APL Koehler-Escoffier) et notre varois Henri JULIEN (Simca Julien), dont c’est l’entrée officielle en compétition.

Collection Henri Julien – (Simca Julien)

Les premières impressions des pilotes sur le tracé sont favorables. L’anglais MOORE déclare au journaliste du Petit Varois Pierre CONTESTIN : «Très beau circuit au point de vue largeur et virages. Magnifique au point de vue difficultés qui seront imposées  aux machines, mais pas excessivement rapide en raison des ondulations prononcées de la route.

     J’espère avec mon petit racer AJS de 50 cv réaliser des temps intéressants et établir des moyennes au tour difficile à battre ».   

Le français CATHARY pilote pour la première fois un racer 500 et exprime ses craintes : « Je suis un bleu sur ces engins. Comme vous le savez je suis un spécialiste de la course de côte et des voitures lourdes. Je vais me sentir dépaysé sur la Cooper qui est rigoureusement neuve et qui ne ressemble en rien aux voitures que j’ai toujours pilotées. Néanmoins, je défendrai ma chance contre les plus forts et si ma machine tient, je tiendrai aussi ».

L’équipe la plus impressionnante est sans conteste l’Ecurie Richmond avec ses racers étincelants, ses mécaniciens en tenue et son camion atelier décoré de l’Union Jack.

Quant aux pilotes régionaux Henri JULIEN et le Pertusien Paul AUDIBERT, ils sont soutenus par une cohorte de supporters qui attendent qu’ils donnent le meilleur d’eux-mêmes pour forcer la victoire.

Les essais se déroulent le samedi matin de 7 h 30 à 10 h 00, et l’après-midi de 16 h 00 à 19 h 30. Seule ombre au tableau : les nuages qui de temps en temps laissent tomber de désagréables gouttes de pluie. BROWN et BRANDON réalisent ex æquo le meilleur temps en 1’12’’. Le grand animateur de cette journée d’essais l’anglais MOORE (Ecurie Aitckens) est victime d’un tête à queue l’après-midi qui l’écarte malheureusement des premières places.

 

Essais libres :

Eric BRANDON (Cooper Norton)                     1’14’’    (88,159 Km/h de moyenne)

Alan  BROWN (Cooper Norton)                       1’15’’    (86,000 Km/h de moyenne)

MOORE (AJS)                                                     1’16’’    (85,000 Km/h de moyenne)

Harry SCHELL (Cooper Jap)                            1’19’’

 

Essais Chronométrés :

1e Eric BRANDON (Cooper-Norton)                1’12’’

Alan  BROWN    (Cooper-Norton)                    «

3e Harry  SCHELL  (Cooper-Jap)                    1’16’’

4e François  ANTONELLI  (DB)                       1’20’’

JACQUIER BRET  (Cooper-Norton)               «

6e CATHARY  (Cooper)                                    1’22’’

Collection Marcel Garcin – Départ course Racers 500

Le dimanche le soleil brille, et une foule considérable se masse le long du circuit. Le journal REPUBLIQUE organise un déplacement en car spécial au départ de Toulon (550 Francs aller/retour) pour assister au programme du jour : 3 manches de qualification par groupe de 8 voitures sur 8 tours de circuit et la finale sur 25 tours.

Les 3 premiers de chaque manche se qualifient pour la finale.

1e manche :

1e Eric BRANDON            (Cooper Norton)                    9’58

2e Harry  SCHELL             (Cooper Jap)

2e manche :

1e Alan BROWN                (Cooper Norton)                   10’21

2e Pierre PAGNIBON        (Cooper Jap)

3e manche :

1e  François ANTONELLI (Panhard DB)                     10’42

2e  NERFESSIAN               (Cooper)

3e  MOORE                         (AJS)                                  à 1 tour

4e  Henri  JULIEN              (Simca Julien)

Henri JULIEN surclassé en vitesse de pointe et l’anglais MOORE victime d’une panne de magnéto et de bougies ne peuvent malheureusement pas accéder à la finale.

La finale est radiodiffusée en direct sur Radio Marseille, le micro du circuit étant tenu par le radio reporter Bruno DELAYE.

Au terme des 25 tours l’anglais Alan BROWN (Cooper Norton) l’emporte, enlevant du même coup les 250 000 Francs de prix, devant son compatriote Eric BRANDON (Cooper Norton) et l’américain Harry SCHELL (Cooper Jap). CATHARY termine à 4 tours, ralentie par un incident mécanique. C’est le triomphe des monoplaces anglaises, qui raflent les 3 remières places et de l’Ecurie Richmond. Le God Save The Queen retentit sur le Boulevard Clemenceau au terme d’une journée particulièrement réussie.

Classement général :

1e Alan  BROWN                (Cooper Norton)            31’14’’

2e Eric  BRANDON             (Cooper Norton)            31’15’’

3e Harry  SCHELL              (Cooper Jap)                  à  1 tour

4e François  ANTONELLI  (Panhard DB)                  «

5e CATHARY                       (Cooper)                         à  4 tours

Record du tour : Eric BRANDON et Alan  BROWN en 1’12’’ (moyenne 90,606 Km/h).

 

Collection Marcel Garcin – Alan Brown (Cooper-Norton)

 

Collection Marcel Garcin – Alan Brown (Cooper-Norton)

 

Collection Jean-Pierre Bompuget (Panhard DB)